Neva Cuisine (Paris 8ème)

Le cadre, chez Neva Cuisine.

Au programme ce soir : dîner entre amis blogueurs ! Jack et Walter m’ont donné rendez-vous à l’angle de la rue de Berne et de la rue de Saint-Pétersbourg, chez Neva Cuisine. Neva, un joli nom emprunté au fleuve qui se jette dans le delta de Saint-Pétersbourg… On emporte nos appareils photos ? « Oui, faisons-nous plaisir, c’est now or Neva ! », me répond Jack avec l’appétit et l’humour qui le caractérisent. Vous ne connaissez pas encore l’excellent blog Les bonnes tables (ou pas) de Jack et Walter ? Alors il est vraiment temps d’aller le dévorer, vous allez vous régaler !

La chef d’origine mexicaine Beatriz Gonzales a été formée à l’Institut Paul Bocuse et est passée par les cuisines d’Alain Senderens. C’est à La Grande Cascade qu’elle croise le chemin du chef-pâtissier Yannick Tranchant. Une rencontre, un projet, et voilà Neva Cuisine ancré dans la réalité. Adieu l’ancienne pizzeria, bienvenue Neva et sa belle cuisine bistronomique !

La vue sur le zinc depuis les banquettes.

Première constatation : le cadre n’a plus rien à voir avec celui d’une pizzeria ! De l’ancienne salle de restaurant ne demeurent que la belle hauteur sous plafond et une série de colonnes structurant élégamment l’espace. Les beaux lustres en cuivre et le superbe bar en zinc donnent le ton. Sur les tables, des verres à vin dignes de ce nom, des serviettes en tissu et de jolis moulins à poivre. L’accueil est souriant et chaleureux… On est plutôt bien partis !

Un amuse-bouche pour le moins... croquant !

Pour patienter, je ne saurais vous dire… comme une mayonnaise (maison) allégée qui aurait perdu de sa tenue, accompagnée de quelques morceaux de pain grillé. Ce dernier est plus que croustillant, il est un peu dur sous la dent ! C’est dommage. Heureusement, le pain tranché, lui, est tout frais et vraiment bon. Il y a aussi de petites portions individuelles de beurre demi-sel pour les gourmands que nous sommes.

Le pain et le beurre.

Étant donné que nous avons choisi des plats très différents, nous optons pour une bouteille de vin rouge, mais aux tanins sages. Cela sera un sancerre : Les Bonnes Bouches 2010 d’Henri Bourgeois. Un joli vin assez léger et très bien fait aux notes de cerise griotte, bien agréable.

Un joli vin dans un beau verre.

En entrée, mon cœur balance entre les salsifis gratinés avec copeaux de pata negra à l’huile de truffe, et les Saint-Jacques de Dieppe et bulbe de fenouil confit. J’adore les salsifis, bien trop rares à mon avis au restaurant, mais cette « poudre de clémentine » associée aux saint-jacques a piqué ma curiosité. Réelle valeur ajoutée ou poudre de perlimpinpin superflue ? Les assiettes arrivent, ça sent bon la truffe : Jack a choisi les salsifis. Le choix de Walter s’est porté sur une superbe assiette de seiches snackées, accompagnées de panais rôtis et de radis roses acidulés. La gourmandise me fait dériver… Occupons-nous plutôt de notre assiette et laissons Jack et Walter commenter les leurs !

Toutes les assiettes… Pardon, mon assiette, a belle allure. Les goûts sont nets, précis, tout est bien équilibré, assaisonné. Il y a du croquant et du fondant, du salé et du sucré, mais toujours dans une belle harmonie. Les Saint-Jacques, de première qualité, sont coupées en tranches assez épaisses et sont servies soit crues, soit légèrement et délicieusement snackées. Ainsi confit, le fenouil est étonnement gourmand, et la poudre de clémentine n’est finalement pas superflue. Bien qu’assez peu intéressante sur le plan aromatique, cette dernière apporte au plat un petit côté croustillant et acidulé assez bien vu, tandis que le piment d’Espelette, très discret, rehausse subtilement l’ensemble des saveurs. Et puis, il y a cette sauce qui vient unir tous ces beaux produits… Cachée sous les saint-jacques, les segments de clémentine et le confit de fenouil, elle fait de cette entrée une vraie et belle réussite !

Saint-Jacques de Dieppe, poudre de clémentine, bulbe de fenouil confit, piment d’Espelette.

« Échine de porc confite croquante ». Confit et croquant à la fois ? Oui, à l’image de cette grosse « croquette » renfermant la fameuse échine. C’est bon, même si la viande est un peu sèche pour de l’échine, d’autant plus pour de l’échine annoncée confite. Avec un peu de sauce, tout s’arrange assez bien… Parlons-en de ces beaux légumes, cuits comme il faut et goûteux à souhait : on se régale ! Jack et Walter ont l’air bien eux aussi… Mais chut, ils vous raconteront…

Échine de porc confite croquante, jardinière de légumes façon pickles.

Et voici la sphère de chocolat façon poire Belle Hélène. Les yeux de mes amis, déjà gourmands en temps normal, louchent carrément sur mon assiette. Pas le temps de prendre une photo de la sphère intacte : aussitôt arrivée, aussitôt fondue sous une coulée de chocolat chaud.

Sphère déstructurée au chocolat Samana façon poire Belle Hélène.

La sphère dévoile ainsi ses trésors de gourmandise : sorbet à peine sucré, morceaux de poire onctueuse et savoureuse, délicieuse croustillance sous forme d’amandes et de brisures de macarons… À tout cela s’ajoute le chocolat craquant de la sphère n’ayant pas fondu. Le jeu de textures est superbe. Tout ce généreux chocolat a vraiment bon goût. Il faut dire que ce pur cru d’origine République Dominicaine provient de La Chocolaterie de L’Opéra, une maison de référence pour les grands pâtissiers.

Pas aussi présentable qu’à la première seconde, mais terriblement bon !

Certainement trop sucré tout cela, me direz-vous. Pas du tout ! Le dosage du sucre est simplement parfait dans ce dessert. Le niveau ici est donc impressionnant pour un dessert de « bistronomie » et pour un menu à ce prix, car à 41 euros l’entrée/plat/dessert au dîner, Neva Cuisine propose tout simplement l’un des meilleurs rapports qualité-prix de la capitale.

Les petites panne cotte au pamplemousse acidulées qui suivent se mangent toutes seules… mais on aurait mieux apprécié ces délicieuses et rafraîchissantes surprises en guise d’introduction au dessert plutôt qu’au moment du café ! Un bon café au passage…

Pré-dessert ou mignardise ?

Neva Cuisine est donc, vous l’aurez compris, une très belle adresse qui mérite vraiment le détour. D’ailleurs on serait bien restés encore un peu, pas vrai les amis ? Je ne suis pas très inquiet : quelque chose me dit que nous allons vite nous revoir pour vivre un autre beau moment de gastronomie, mais c’est une autre histoire…

Neva Cuisine

2, rue de Berne

75008 Paris

Tél : 01 45 22 18 91

Fermé le samedi et le dimanche.

Menus : 34 et 41 €.

Carte : 60 €.

7 réponses pour “Neva Cuisine (Paris 8ème)”

  1. Adrien
    25 janvier 2014 à 14 h 13 min #

    Sympa le dîner entre blogueurs. Ça donne très envie !

  2. Marie et Fred
    25 janvier 2014 à 15 h 28 min #

    Super, on comptait déjà y aller mais maintenant on ne peut plus attendre !!!

  3. Anonyme
    25 janvier 2014 à 20 h 25 min #

    J’aime beaucoup ce restaurant qui ne m’a jamais déçu (et qui est une de mes adresses préférées dans le 8e). Le ris de veau y est fameux.

    • Baptiste
      26 janvier 2014 à 20 h 15 min #

      Jack avait justement choisi le ris de veau… et à l’entendre dire, il était effectivement fameux ! ;-)

  4. Adrien de Food In Paris
    26 janvier 2014 à 19 h 19 min #

    Beau récit bien illustré : parfait pour me mettre en appétit avant une visite prochaine ;-)

    En tout cas une adresse récente qui fait l’unanimité sur la toile, et si on y regarde bien, elles ne sont pas si nombreuses

    • Baptiste
      26 janvier 2014 à 20 h 10 min #

      Merci Adrien :-)

  5. Adrien de Food In Paris
    1 février 2014 à 12 h 03 min #

    Alors j’en reviens et je me rends compte que mon entrée (pourtant la même que la tienne) n’était visiblement pas si aboutie que lors de ton passage : le fenouil cru dans la mienne change tout à la perception de ce plat qui était prometteur… et mes saint-jacques très petites contrairement à toi.. un coup de malchance ?
    Du coup je n’ai retenu que les desserts…
    Si tu veux lire mon avis : http://foodinparis.me/2014/02/01/neva-cuisine-oui-pour-les-desserts/

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