Le Benkay (Paris 15ème)

Vous souvenez-vous de cette fameuse scène du film « L’Aile ou la Cuisse », où Louis de Funès (alias Charles Duchemin) se rend dans un restaurant japonais pour y découvrir les plaisirs du teppanyaki ? Le teppanyaki, cela signifie littéralement « grillé sur une plaque de fer »… C’est une des trois façons de goûter à la cuisine du Benkay. Les deux autres étant le washoku (cuisine traditionnelle japonaise servie à table) et le bar à sushi. Ici il n’y a donc pas un, mais trois chefs : un pour chaque spécialité. Aujourd’hui nous nous intéressons à la plus visuelle des trois, le teppanyaki, qui est aussi la plus demandée. Pensez donc à réserver au moins une semaine à l’avance pour un déjeuner, et encore plus tôt pour un dîner (sachez que le soir les prix flambent comme les gambas sur la plaque chauffante !).

Le cadre : table « teppanyaki ».

Le cadre : cuisine « washoku » servie à table.

Le cadre : le bar à sushi.

Le Benkay est le restaurant de l’hôtel Novotel Tour Eiffel. Signalons que si vous venez en voiture, le parking couvert de l’hôtel vous est offert (demandez un ticket en partant). Une fois passé le hall, après avoir gravi les escalators et pris un ascenseur, nous entrons dans un tout autre univers. Seule la vue dégagée sur la Seine et la Maison de la Radio nous rappelle que nous sommes à Paris. Les tables teppanyaki sont en forme de « u », et le chef cuisine devant vous, le dos tourné aux fenêtres. En théorie, vous profitez d’une vue très agréable. Ce jour-là, je suis placé à une table qui fait face à un immeuble en construction (c’est ça quand on réserve à la dernière minute !)… mais le restaurant n’y est pour rien, et surtout le spectacle est ailleurs ! N’imaginez pas être seul avec votre moitié, vous serez côte à côte, face au chef, et à table avec d’autres personnes. Mais on est très bien installé, et l’espace entre chaque personne est suffisant pour avoir une conversation sans gêner son voisin. On peut même dire qu’on est à l’aise. Ne soyez pas étonné quand on nouera une serviette autour de votre cou. Etant donné la proximité de la plaque de cuisson, il peut y avoir des projections, mêmes si elles sont rares.

Mise en bouche : petite salade.

Le chef commence par préparer quelques morceaux choisis de poissons et des gambas qu’il fait cuire sur la plaque. On voit tout de suite que les produits sont de première qualité. Il nous concocte en fait une Bouillabaisse à sa façon… Celle-ci est servie dans sa cocotte, très chaude. C’est délicieux. Le bouillon de légumes contient des petits oignons confits, les morceaux de poissons sont très bien cuits, les gambas sont savoureuses. Un plat délicat et équilibré, qui nous ouvre vraiment l’appétit.

La préparation de la Bouillabaisse.

Bouillabaisse japonaise en cocotte et mesclun frais.

Que boire au cours de ce repas ? La carte des vins est bien fournie, mais j’ai envie de boire du thé. Cela sera un genmaicha (thé vert japonais au riz grillé), préparé à la perfection et servi très chaud dans sa théière. Nous ne verrons pas la préparation du plat suivant, puisqu’il s’agit de tempuras (beignets très fins). Ces derniers sont vraiment excellents. Ils sont servis avec du radis noir râpé et de la sauce soja. Le tempura est un met qui ne souffre pas la médiocrité, et là nous sommes bien devant une cuisine et des produits de grande qualité. Mention spéciale pour les tempuras de gambas… un délice !

Tempuras de gambas et de légumes.

Un second cuisinier rejoint le chef. Les choses sérieuses commencent. Il s’agit de cuisiner le filet de bœuf, accompagné de pousses de soja et de riz sauté. Le chef se chargera du riz sauté, et le sous-chef du bœuf et du soja. C’est très visuel, mais aussi très sonore ! Je vous laisse apprécier cet instant dans la vidéo qui suit. Cela se passe de commentaires…

Filet de boeuf, pousses de soja, ail frit.

Quelle assiette copieuse ! Le filet de bœuf est parfait, et est accompagné de trois sauces (gingembre, crème de soja et vinaigrette de soja). De l’ail frit, tout croustillant et léger est déposé sur le côté de l’assiette. Les pousses de soja constituent un bel accompagnement… mais le riz est à tomber. Ces petits morceaux de mille choses différentes ayant toutes du goût, des textures différentes, font de ce riz une merveille d’équilibre de saveurs.

Riz sauté.

En guise de dessert, on nous prépare une crêpe flambée et sa glace au cassis. Notre assiette est préalablement parsemée de thé vert en poudre, formant un motif décoratif différent pour chaque assiette.

Décoration (thé vert en poudre).

La crêpe viendra se poser sur le lit de thé vert ainsi préparé. Là encore, c’est du spectacle ! Regardez :

Baignés dans un nuage de gaz carbonique parfumé et poétique, on savoure. Tout est bon. Peut-être un peu trop d’alcool tout de même. Mais la crêpe est bien faite, la glace est de très bonne qualité, et les fruits sont frais et savoureux.

Crêpe flambée Fujiyama, glace cassis.

Pour les amateurs de bons produits en quête d’exotisme, ou tout simplement curieux de découvrir la vraie cuisine japonaise, Le Benkay est un lieu incontournable à Paris. Comme dirait Charles Duchemin en écrivant sa critique : ici « tout saute, tourbillonne, voltige sous vous yeux, pour finir par atterrir miraculeusement dans votre assiette ».

Le Benkay

 

61, Quai de Grenelle

Paris 15ème

Tél : 01 40 28 51 26

Site : www.restaurant-benkay.com

Menus : 39, 43, 56 € (déjeuner) et 91, 119, 127, 152 et 169 € (dîner)

Carte : 105 €

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