Boco (Paris 1er, 8ème et 12ème)

Les chefs de « Boco » prennent la pose.

Proposer au plus grand nombre une cuisine saine et goûteuse à prix raisonnable, c’est le défi qu’ont voulu relever Simon et Vincent Ferniot, deux frères gastronomes passionnés. Pour mettre en pratique cette idée inspirée du Cozna Vera de Marc Veyrat à Annecy, ils ont créé le concept Boco : des recettes fraîchement préparées en bocaux, exclusivement à partir de produits bios (ou sauvages pour certains). De grands chefs étoilés sont mis à contribution pour l’élaboration des recettes, qui varient au fil des saisons. On peut déguster ces « bocos » dans l’un des trois restaurants parisiens, les emporter, et même se les faire livrer, au bureau ou à la maison, sous forme de plateaux repas…

Le cadre du restaurant à Bercy Village.

Ce soir je teste le dernier restaurant de l’enseigne ouvert à Paris. Il se situe à Bercy Village. Mélanie et Marine m’accueillent avec le sourire, et répondent à toutes mes questions de façon très sympathique. Quand vous aurez rempli votre panier des « bocos » de votre choix, on se chargera de vous les préparer, et le moment venu, un petit accessoire clignotera sur votre plateau pour vous indiquer que votre repas est prêt (j’avais déjà vu ce système chez Shake Shack à New York, et il faut reconnaitre que c’est bien astucieux).

Mélanie & Marine.

L’ambiance est calme, propice à la détente. La musique de fond, pas trop forte, est bien choisie. Précisons-bien que le concept est un « bistrot rapide », le lieu n’est donc pas conçu comme un restaurant où l’on pourrait rester à table pendant des heures. On ne se fait pas non plus servir ici, même si les plateaux sont débarrassés à la fin du repas. Le but ici est de se faire plaisir simplement, en mangeant de bons produits, sans trop s’attarder, et pour pas trop cher. Idéal par exemple pour manger quelque chose de bon (et pas un mauvais sandwich avalé rapidement) avant une séance ciné (nous nous situons ici à quelques mètres d’un cinéma).

Les chefs de « Boco ».

Le « casting » côté création est impressionnant : les chefs triplement étoilés Anne-Sophie Pic, Emmanuel Renaut, Gilles Goujon et Jean-Michel Lorain, associés aux géniaux pâtissiers Philippe Conticini, Frédéric Bau et Christophe Michalak se chargent de mettre au point des recettes adaptées à ces fameux « bocos ». Vincent Ferniot, qui adore cuisiner, se joint à eux avec (on l’imagine) une attention toute particulière… Mais attention : ne vous attendez pas pour autant à retrouver dans ces plats la même technicité qu’à la table d’un restaurant trois étoiles. Encore une fois, ce n’est pas le but… et ce n’est tout simplement pas possible !

On prend un panier et on fait ses courses !

Les chefs à l'origine des recettes sont mentionnés sur les étiquettes.

Tout est issu de l’agriculture biologique, même les boissons. On note une belle sélection de petits vins bios, parfois même en biodynamie (Clos Puy Arnaud par exemple). Les prix sont sages, et certains vins sont proposés au verre. Notons qu’il faudra payer un petit supplément de 50 centimes pour un bon morceau de pain (bio lui aussi) de la maison Landemaine. 

Vins et produits bios.

L'ardoise des vins du jour.

Je commence par une escalivade de sardines à la tapenade, une recette du chef Gilles Goujon. C’est frais et chaque ingrédient a du goût. L’ensemble est simple mais bien pensé. Une gourmandise avec le pain ! Le pavé de saumon de Vincent Ferniot, accompagné d’artichaut, de fenouil, et d’amandes grillées est un vrai régal. Justesse de l’équilibre des saveurs et des textures, bel assaisonnement légèrement citronné (citron vert et jaune).

Tendre pavé de saumon, artichaut et fenouil (recette de Vincent Ferniot).

C’était difficile de faire son choix au début du repas. J’ai également voulu goûter un plat d’Anne-Sophie Pic : le tendron de veau et chutney de prunes (acidulées), avec sa purée au bon goût de pomme de terre. Là encore, c’est très bon…

Tendron de veau confit, chutney de prunes, pomme mousseline (recette d'Anne-Sophie Pic).

Les fromages sont eux aussi présentés en « bocos » : comté fruité et confit de figues, petits chèvres andalous à l’huile d’olive, tomme de brebis et confiture de cerise… Cela donne envie mais je me suis réservé pour les desserts ! Le Petit Québécois de Christophe Michalak est délicieux. C’est une mousse à la texture très agréable en bouche, recouverte de sirop d’érable et surmontant un petit lit de poire fraîche… Le sucre est dosé comme il faut. Beaucoup de finesse dans ce petit dessert.

Petit Québécois poire et érable (recette de Christophe Michalak).

La douceur de Philippe Conticini se présente sous la forme d’une compote de prunes à la badiane, avec sa gelée à la vanille (je crois que ce soir il y a rupture de stock de badiane, car je ne la sens pas, et elle ne figure pas dans la liste des ingrédients inscrite sur l’étiquette). La compote de prune est excellente et se suffirait presque à elle-même !

Le cadre, côté banquette.

Bien manger, sainement, rapidement et à petit prix à Paris : je peux conclure en écrivant que le pari des frères Ferniot est gagné haut la main avec Boco. Bravo à eux !

Boco

 

45, Cour-Saint-Émilion - Paris 12ème

Tél : 01 46 28 96 60

ET

3, rue Danielle Casanova – Paris 1er

Tél : 01 42 61 17 67

ET

5 bis, rue du Rocher - Paris 8ème

Tél : 01 45 22 68 42

Site : www.boco.fr

Ouvert du lundi au samedi de 11h à 22h (et 7j/7 de 11h à 22h30 dans le 12ème).

Menus : 9,80 € et 14,80 €

Carte : 18 €

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